Hejmara 66an ya Le Monde diplomatique kurdî derket!

Hejmara 66an a Le Monde diplomatique kurdî derket!

Hejmara 66an ya Le Monde diplomatique kurdî, bi naverokeke dewlemend derket pêşberî xwendevanên kurdî.

Xwendevanên rojnameyê, di hejmara hezîranê de ji edîsyona fransizî dê bikaribin li gel dosyaya Afxanistanê, gotar û analîzên wekî; 'Belgeya tendirustîyê [vaksînê], astengkirina azadîyan', 'Civata sosyalan', 'Kabloyên noqaran, karekî dewletan' û hwd. bixwînin. 

Xwendevanên Lmd-kurdî, di beşa nivîsên redaksîyona kurdî de vê mehê dê gotar û analîzên akademîsyen û nivîskarên kurd Jînda Zekioğlu jî bi sernavê 'Şîneke bo Wijdana Dewletê Mayî: Malbata Dedeoğlu', Prof. Dr. Abdullah Kıran, a bi sernavê 'Rûbirûbûna Şaşîyên Stratejîk’, Çetin Çeko ya bi sernavê 'Tarîxa Bêdengîyekê: Seredanên Mela Mistefa Barzanî yên Îsraîlê' bixwînin.

Hevkara me Jînda Zekioğlu hevpeyivîneke balkêş a li ser ''Sîyaseta Tirkîyeyîbûnê, Kurdistanîbûnê û geşepêdanên rojane'' bi hevserokê kevn yê HDPê Selahattin Demirtaş re  ji bo xwendevanên LMd-kurdî kirîye.

LMd-kurdî, di hejmara 66an de rûpelên xwe bi wêneyên wênesazê kurd Ercan Altuntaş xemilandîye, hunermendê vê hejmarê ji bajarê Amedê ye.

 

Xwendevan dikarin bi rêya malperên jêrîn yên medyaya civakî rojnameyê bişopînin:

Web: http://lemonde-kurdi.net/

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Birêveberîya LMd-kurdî

 

LMDK-64-BergŞerê Kurdan

Kurd di nav mercên bêdewletbûnê de, ji bo bidesxistina mafên xwe yên sîyasî û kulturî sedsal e şer dikin; di pêvajoya têkoşîneke bi şer, îxanet, parçebûn, tevkuştin, hêvî, berxwedan û serkevtinan dagirtî. Sedsaleke ku li dijî berjewendîyên dewletên -Iraq, Îran, Sûrîye û Tirkîyeyê- serî hildidin...wekî destanek...

 

Pour Julian Assange

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3:52 • Lu par Arnaud Romain
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Fier comme Artaban, souriant, entouré d’une cinquantaine de photographes et de cadreurs, Jim Acosta a opéré, le 16 novembre dernier, son retour en fanfare à la Maison Blanche. Quelques jours plus tôt, il avait perdu son accréditation de correspondant de Cable News Network (CNN), mais la justice américaine a obligé le président Donald Trump à annuler la sanction. « C’était un test, et nous l’avons passé avec succès, a fanfaronné Acosta. Les journalistes doivent savoir que, dans ce pays, la liberté de la presse est sacrée, et qu’ils sont protégés par la Constitution [pour] enquêter sur ce que font nos gouvernants et nos dirigeants. » Fondu enchaîné, musique, happy end…

Réfugié depuis six ans à l’ambassade d’Équateur à Londres, M. Julian Assange n’a sans doute pas pu suivre en direct sur CNN un dénouement aussi émouvant. Car son existence à lui ressemble à celle d’un prisonnier. Interdiction de sortir, sous peine d’être arrêté par les autorités britanniques, puis, sans doute, extradé vers les États-Unis ; communications réduites et brimades de toutes sortes depuis que, pour complaire à Washington, le président équatorien Lenín Moreno a résolu de durcir les conditions de séjour de son « hôte » (lire « En Équateur, le néolibéralisme par surprise »).

La détention de M. Assange ainsi que la menace de quelques dizaines d’années de prison dans un pénitencier américain (en 2010, M. Trump avait souhaité qu’il soit exécuté) doivent tout au site d’information qu’il a fondé. WikiLeaks est à l’origine des principales révélations qui ont indisposé les puissants de ce monde depuis une dizaine d’années : images des crimes de guerre américains en Afghanistan et en Irak, espionnage industriel des États-Unis, comptes secrets aux îles Caïmans. La dictature du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali fut ébranlée par la divulgation d’une communication secrète du département d’État américain qualifiant cette kleptocratie amie de Washington de « régime sclérosé » et de « quasi-mafia ». C’est également WikiLeaks qui révéla que deux dirigeants socialistes français, MM. François Hollande et Pierre Moscovici, s’étaient rendus, le 8 juin 2006, à l’ambassade des États-Unis à Paris pour y regretter la vigueur de l’opposition du président Jacques Chirac à l’invasion de l’Irak.

Mais ce que la « gauche » pardonne moins que tout à M. Assange, c’est la publication par son site des courriels piratés de la campagne de Mme Hillary Clinton. Estimant que cette affaire a favorisé les desseins russes et l’élection de M. Trump, elle oublie que WikiLeaks a alors dévoilé les manœuvres de la candidate démocrate pour saboter la campagne de M. Bernie Sanders durant les primaires de leur parti. À l’époque, les médias du monde entier ne s’étaient pas privés de reprendre ces informations, comme ils l’avaient fait pour les précédentes, sans pour autant que leurs directeurs de publication soient assimilés à des espions étrangers et menacés de prison.

L’acharnement des autorités américaines contre M. Assange est encouragé par la lâcheté des journalistes qui l’abandonnent à son sort, voire se délectent de son infortune. Ainsi, sur la chaîne MSNBC, l’animateur-vedette Christopher Matthews, ancien cacique du Parti démocrate, n’a pas hésité à suggérer que les services secrets américains devraient « agir à l’israélienne et enlever Assange »…

Serge Halimi

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Voilà longtemps qu’un mouvement social n’avait pas à ce point inquiété les gouvernants. L’ampleur, la durée et la détermination de celui des « gilets jaunes » les ont désagréablement surpris. Ils ont également été déstabilisés par son hétérogénéité en matière d’intérêt pour la politique, d’activité professionnelle, de lieu de résidence et d’orientation partidaire. Il n’est pas imputable à des organisations politiques ou syndicales traditionnelles : il rassemble diverses composantes de ce que le pouvoir nomme la « majorité silencieuse », au nom de laquelle il prétend s’exprimer et dont il n’attend d’autre mobilisation que le vote.

L’ouvrage classique du politiste américain Barrington Moore offre des pistes pour expliquer le surgissement de ce mouvement largement spontané et faiblement coordonné. Écrit dans un contexte où des universitaires cherchaient à comprendre les grandes vagues de contestation des années 1960-1970 aux États-Unis, il opère un changement de perspective. À la question : « Pourquoi les gens se révoltent-ils ? » il substitue celle-ci : « Pourquoi ne le font-ils pas plus souvent ? » Quand ses confrères évoquent le poids des inégalités économiques ou celui de la domination raciale, Moore réplique que ces facteurs demeurent dramatiquement constants tout au long de l’histoire, sans pour autant provoquer de soulèvements. S’ils constituent des éléments nécessaires de la révolte, il lui apparaît donc difficile d’en faire une causalité.

À partir d’une étude richement documentée sur les ouvriers allemands entre 1848 et la fin des années 1930, l’auteur recherche les raisons pour lesquelles ces derniers s’accommodaient ordinairement d’un ordre social et politique qui leur était défavorable, ainsi que les conditions qui les amenaient, plus exceptionnellement, à le rejeter. Sa principale conclusion est que la stabilité repose essentiellement sur les contreparties concédées par les dominants aux dominés : « Sans le concept de réciprocité — ou mieux, d’obligation morale, un terme qui n’implique pas l’égalité (...)

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